La conduite sous l’emprise de stupéfiants : un facteur persistant d’insécurité routière.
Depuis plusieurs décennies, les pouvoirs publics s’efforcent de lutter contre l’insécurité routière engendrée par les comportements de conduite dangereux.
A ce titre, l’usage de l’alcool et des stupéfiants au volant figurent parmi les infractions les plus sévèrement réprimées par le code de la route.
Pourtant, malgré les politiques de prévention et le renforcement du cadre répressif, la conduite sous l’emprise de stupéfiants continue de progresser de manière préoccupante en France.
Chaque année, la drogue contribue dans des proportions élevées à arracher des vies et abimer des corps.
Selon les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), en 2024 près d’un accident mortel sur 5 impliquait un conducteur sous l’influence de stupéfiants, soit le chiffre effrayant de plus de 400 décès.
Cette proportion atteint 31% la nuit et durant les week ends, périodes durant lesquels les comportements à risques se démultiplient.
Les statistiques révèlent également une surreprésentation significative de certains profils, masculins et jeunes, chez les mis en cause.
Parmi les substances détectées, le cannabis demeure largement majoritaire.
Les études scientifiques établissent que sa consommation multiplie d’environ 1,6 le risque de provoquer un accident mortel et de 29 si celle-ci est cumulée avec de l’alcool.
Les effets de ces substances sur les capacités de conduite sont scientifiquement établis : altération de la concentration, diminution de la vigilance, allongement du temps de réaction, modification de la perception de l’environnement.
Sur la plan juridique la simple présence de substances illicites dans l’organisme suffit à caractériser l’infraction, sans qu’il soit nécessaire de démontrer une altération apparente du comportement du conducteur.
Réprimée en tant que délit spécifique, la drogue au volant peut entrainer un retrait de 9 points quand elle est associée à une prise d’alcool.
Quand elle est à l’origine d’un accident mortel, la conduite sous l’emprise de stupéfiants figure depuis 2025, parmi les circonstances aggravantes pouvant caractériser le délit d’homicide routier.
Au regard de l’ampleur de dégâts humains provoqués, le renforcement des contrôles apparait une priorité pour dépister et préserver la communauté des usagers de la route de ce type de délinquance.
Ce versant administratif de contrôle de police et de gendarmerie ne pourra avoir d’impact durable qu’en coordination avec une action répressive de la justice pénale qui favorise les prises de conscience par une action de dissuasion et met à l’écart les comportements dangereux.
Ceux qui militent pour une dépénalisation devraient songer à l’augmentation que l’abolition de cet interdit pourrait entrainer sur la société et notamment le risque routier.
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