Un homme de 27 ans a été condamné à 7 ans et demi de prison ferme par le tribunal de Niort ce mercredi 16 juillet, après l’accident mortel survenu à Niort (Deux-Sèvres) le 13 septembre 2024. Le drame avait coûté la vie au rugbyman niortais Quentin Gobet, joueur du Niort Rugby Club, et blessé quatre autres personnes.
Les faits ont été requalifiés en “homicide routier”, une nouvelle qualification juridique entrée récemment en vigueur dans la loi.
Une lourde condamnation après un accident mortel à Niort
En détention provisoire depuis l’accident, le prévenu a été reconduit en prison à l’issue de l’audience. En plus des 7 ans de prison ferme, le tribunal a prononcé la révocation d’un sursis de 6 mois.
Au volant le soir des faits, vers 19 heures, l’homme circulait à plus de 110 km/h sur une route limitée à 50 km/h, avant de percuter violemment le véhicule dans lequel se trouvait Quentin Gobet. Après le choc, il avait pris la fuite.
Déjà condamné à six reprises, dont trois fois pour des infractions routières, ce père de deux jeunes enfants était en état de récidive.
“Un trou noir” selon le prévenu
Lors de l’audience au tribunal de Niort, organisée dans une salle réduite en raison de travaux, le prévenu a évoqué “un trou noir juste avant l’accident”.
“Je ne l’ai pas fait exprès. C’était un accident. J’aurais préféré partir à sa place”, a-t-il déclaré, assurant avoir “peur de la vitesse” et présentant ses excuses à la famille.
Une salle comble et une famille digne
Faute de place, certains proches ont dû rester debout à l’entrée de la salle. Famille, amis, membres du Niort Rugby Club et proches de Quentin Gobet étaient présents.
Sa compagne, également dans la voiture au moment du drame, ainsi que ses parents Christine et Philippe, ont pris la parole avec émotion.
Sa mère a évoqué un “deuil impossible”, un “gouffre” et le “manque” laissé par son fils, qu’elle décrit comme un homme “droit”, “lumineux”, “incarnant les valeurs du sport”.
Elle a affirmé ne pas vouloir “de vengeance”, mais a demandé une “peine exemplaire”, rappelant que “la route n’est pas un terrain de jeu”.
La reconnaissance de “l’homicide routier”, une première judiciaire
Initialement poursuivi pour homicide involontaire et blessures involontaires, le prévenu a finalement été jugé pour homicide routier et blessures routières, conformément aux réquisitions du parquet.
Cette évolution juridique, récemment inscrite dans la loi, marque une reconnaissance symbolique importante pour les victimes.
“La qualification compte beaucoup pour les victimes”, a expliqué l’avocat des parties civiles, Me Marc-André Ceccaldi. “Dans ces accidents, la dimension involontaire n’a jamais été comprise quand on a quelqu’un qui méprise délibérément la sécurité des autres usagers.”
Selon lui, il s’agirait d’une première application judiciaire de cette nouvelle loi, promulguée seulement quelques jours avant le jugement.
Pour la famille de Quentin Gobet, cette décision représente au moins une forme de reconnaissance judiciaire, même si aucune condamnation ne pourra réparer la perte subie.
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