Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes du 25 novembre 2025 : une occasion de désespoir plutôt que d’espoir.
Partout dans le monde, les bonnes intentions s’expriment en faveur des femmes.
Malheureusement, les appels, les manifestations, les incantations et les lois n’influent que trop timidement sur la tragique réalité de l’augmentation constante des violences faites aux femmes.
Sur le territoire français, les tragédies se succèdent à un rythme vertigineux.
La sinistre moyenne d’un féminicide tous les trois jours semble de mois en mois traduire une réalité conjugale qui empire.
Récemment encore, 5 femmes ont été tuées en une semaine par leur conjoint ou ex conjoint, rejoignant les 152 femmes assassinées depuis le début de l’année.
Les violences sexuelles atteignent des niveaux insupportables avec 93000 femmes victimes de viol ou de tentatives de viol.
Mais il y a aussi les violences dont la forme insidieuse n’altère pas la force destructrice.
En 2024 ce sont 906 femmes victimes de harcèlement qui se sont données la mort ou ont tenté de se suicider, soit une hausse de 17% en un an.
Alors même que la France, avec la loi du 30 juillet 2020, a été l’un des premiers pays européens à pénaliser le suicide forcé, la réponse judiciaire demeure quasiment inexistante.
L’article 222-33-6-1 du code pénal punit de 10 ans d’emprisonnement et de 150000 euros d’amende le fait d’exercer des pressions psychologiques ou morales ayant conduit une victime à se suicider ou à tenter de se suicider.
Ce délit a la particularité de s’inscrire dans un cycle de violences et d’emprise pendant la relation conjugale mais aussi après la rupture.
La principale difficulté réside dans la preuve d’un lien de causalité entre les pressions psychologiques et le passage à l’acte.
L’emprise de la victime, dominée et contrôlée dans tous ses faits et gestes constitue précisément la clé du passage à l’acte.
L’inadéquation entre la hausse des cas et le nombre de poursuites démontre une insuffisante prise de conscience des pouvoirs publics.
Il est urgent d’en faire une priorité de la politique pénale !